"RE OR | JOURNAL

48” Année, III° Série, t. II. NUMÉRO E0 9 décembre 1880. DES 4

PRATIQUES ET DE PHARMACOLOGIF

Secrétaire de la Rédaction : le D' V. GALIPPE Aqne. : Eundi, mécerpir sroptredr, ide & à 5 heures; mardi, ijeudi, samedi, de midi à { heure.

$ L'abonnement part du de chaque soi mois.

4 Le : 20 cent.— Par la poste : 25 cent Ancien chef du laboratoire des Hautes études : e N°: a #2 .

à l'École de pharmacie de Paris, Membre de la Société de Biologie.

1e Pi SOMMAIRE DU NUMÉRO :

La Séance de l'Académie. Clinique médicale : Des réflexes tendineux, par le Dr Constant PETITCLERC. Clinique externe : Des fis- tules urinaires. Leçons cliniques faites à l'hôpital de la Pitié, service de M. le professeur VERNEUIL, par le D' TERRILON, chirurgien des hôpitaux, agrégé de la Faculté (recueillies et rédigeés par Charles LEROUX, et René CoLIN) (suite). Chimie appliquée à l'hygiène et aux falsifications. Composition et analyse du vin. Recherche des altérations frauduleuses de ce liquide, par L. MAGNIER DE LA SOURCE (suite). Sociétés savantes : Académie de médecine, séance du T décembre 1880. Thérapeutique : Sur le traitement du rhuma- tisme cérébral, par la méthode réfrigérante, par M. Maurice RAYNAUD. Bibliographie. De l'anesthésie par le protoxyde d'azote d'après la méthode de M. le professeur Paul BERT; Des hémorrhagies chez le nouveau-né ; De l'opération dans la hernie ombilicale étranglée; Des fibromes utérins au! point de vue de la grossesse et de I accouchement. Nouvelles. Index bibliographique.

ee SNS SEE re NE RNA NES «a A AN ar TO a RAD rasé RO LEA FES MERS NAT TARDE REA = CL

UN EXEMPLE D'ASSOCIATION DE MÉDICAMENTS. Ilya quinze, ou seize ans, un médecin alsacien exerçant à Pau pres- crivait des pilules composées environ de (1 centigr. d'orium, 2 centigr. de digitate et 5 centigr. d’ipéca) : une ou deux pilules pour la nuit suffisaient à calmer la toux d’une façon remarqua- ble. Cette formule d’origine allemande faisait l’étonnement Ë des praticiens, car avec un dosage si minime, elle jouissait d’une ! efficacité très grande.

Sans rechercher la cause secrète d’une vertu médicale bien ; constatée, l'association des trois médicaments faisait merveille. Partant de ce fait, on a eu la pensée d’appliquer cette asso- à ciation à la préparation de pastilles réellement pectorales. Ces pastilles ont été dosées de telle sorte qu’au nombre de dix, dose pour un jour, elles renferment 1 centigr. d’opium, 1 centigr. de digitate, et 5 centigr. d'ipéca. :

Ce médicament, destiné à être dans les mains du public, ne : devait pas renfermer les doses d’un médicament magistral. À Malgré cette très faible quantité de principes actifs, l'efficacité k ne ces pastilles ne s’est jamais démentie depuis douze aus. Les rhumes sans gravité, mais accompagnés de toux et d’un peu de fièvre, sont soulagés très rapidement par l’usage de ces pastil- les.

On lour a donné-le nom de « Bonbon spécial contre la toux.» Pour les enfants, on a fait avec la même formule et à l’aide des extraits, un sirop appelé « SIROP SPÉCIAL CONTRE LA TOUX» dont cinq cuillerées à café, dose pour un jour, représentent cinq pastilles.

Les lettres B. T. B. sont gravées sur chaque pastille.

MM. les médecins qui en désireront un échantillon n'auront qu’à adresser une carte postaie à l'adresse : Pharm. COLOMER, 103, rue Montmartre, Paris.

MM. les médecins auront quelquefois l’occasion de prescrire ces deux produits; en le faisant, ils auront l'avantage de les È connaître par leur composition et par leur efficacité bien recon- nues, avantage précieux qu'ils sont loin d’avoir avec la foule en- À -brante des prétendus pectoraux.

Pour éviter toute confusion, prescrire : TABLETTES COLO- MER contre la toux et Sirop rouge Colomer.

à À A RM a eV a

| L'Essence de Goudron bien préparée renferme toute la créosote : contenue dans dix fois son poids de aoupron de Norwège.

1

L'analyse, par la méthode des distillations fractionnées, attri- bue à l’essence de goudron 10 pour 100 decréosote ; mais dans la réalité cette proportion est plus forte.

* Cette essence est moins irritante que la créosote ; elle est mieux L tolérééet ne cause jamais de répugnance. Tandis que le goudron en nature charge et fatigue l'estomac, cette essence, en raison de sa volatilité, envahit rapidement toute l'économie, elle s’élimine par le poumon et par la peau.

La forme capsulaire et en particulier les Capsules Ricart consti- tuent un mode fort commode d'administration, à la dose de4,6 et 8 par jour, en plusieurs fois.

k Chaque capsule renferme 10 centigr. d'essence.

à Les Capsules Ricart sont habituellement prescrites contre :

* Les affections profondes du tissu pulmonaire. h Les maladies invétérées de la peau. Les maladies contagieuses et putrides.

Le flacon de 60 capsules 2 fr. 50, adressé franco. *. Dans toutes les pharmacies, et 103 rue Montmartre, à Paris.

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PTE nu IE | PARAISSANT TOUS LES JEUDIS Firo4. | : | FONDÉ PAR LE Dr CAFFE De pren enr - 1. ; PRIX DE L'ABONNEMENT. A4 ABONNEMENTS. | ie Eublié par V. CORINIEIL, ; 1 | 2 Paris et départements, 10 ft Union Professeur-agrécé de la Faculté de médecine, Pour ce qui concerne les abohnemenis.$... 4 pue dE ES dy CE Médecin de l'hôpital Saint-Antoine, rédacteur en chef. et l'administration du Journal, s’adres- Unis, 14 fr. Autres pays, {5 francs. RES LE Galippe. 48, rule. Saiate=. A ic

|

JOURNAL DES CONNAISSANCES MÉDICALES. on

Docs 05 ICS L : Â tte puissant et COALTAR sapomné LE BEUF “>

dans les hôpitaux de Paris et les Lôpitaux de la marine militaire française.

GOUDRON LE BEUF

l'eau de Goudron,du Codex. » (Nouv.

Diction. de Méd. et de Chir. pratiques, tome XVI, page 528.)

:TOLU LE BEUF

« Les émulsions Le Beuf, de goudron, de TOLU possèdent avantage d'offrir sans altération, ef Sous une forme aisément absorbable, tous Les

& L'émulsion du Goudron Le Beuf peut être substituée, dans tous les cas, à À

principes de ces médicaments complexes, et de représenter conséquemment toutes leurs qualités thérapeutiques. » /Com. thérap. du Codex, par A. Gueer, 2 éd., p. 167 et 314.)

Dépôt: 25, rue Réaumur, et dans toutes les Pharmacies.

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Peptones pepsiques à la viande de | Huile

bœuf.

de CHAPOTEAUT, pharmacien de première classe, de la Faculté de Paris.

Ces peptone, très pures, préparées avec un soin extrême, ne contiennent que la viande de bœuf digérée et rendue assimilable par la Pep- sine gastrique. Avant de sortir de nos labo= ratoires, elles soni amenées à leur extrême état de concentration, puis enfin titrées à 85 p. 100. Elles possèdent un pouvoir alimentaire énorme et exercent sur l’économie une action nutritive intense.

Il ne faut pas les confondre avec d’autres peptones, plus ou moins répandues dans le commerce, obtenues avec les pancréas de porc,

ossédant une odeur nauséabonde, une saveur

esagréable, susceptibles de fermenter ou de se putréfier, contenant beaucoup de matières étrangères et peu de viande peptonisée, 8 à 15 p. 100.

Les deux préparations suivantes ont été éta- blies dans le but de faciliter l'emploi des peptones pepsiques, et de répondre à toutes les indica- tions thérapeutiques. Ce sont :

Conserve de Peptone de Chapoteaut.

Ce produit est neutre, aromatique, se con- serve bien, se prend en gelée à la température de 159, et se liquéfie à 35°, Il contient par cuil- lerée à café :a peptone pepsique de 20 grammes de viande de bœuf, Il s’administre pur ou dans du bouillon, des confitures, des sirops, et sous forme de lavements alimentaires.

Vin de Peptone de Chapoteaut.

Ce vin contient, par verre à Bordeaux, la

pren pepsique de 10 grammes de viande de œuf, Il est d'un goût très agréable, et consti-

tue un excellent aliment que les malades ac- ceptent avec plaisir. On le prend au commen- cement des repas, à la dose de un ou deux verres.

Indications principales.— Anémie, dyspep- sie, cachexie, débilité, atonie ide l'estomac et des intestins, convalescence, alimentation des nourrices, des enfants, des vieillards, des dia- bétiques et des phthisiques.

Gros : CHAPOTEAUT, pharmacien, 8, rue Vi- vienne; Détail : pharmacie Vial, 1, rue Bour- daloue ; pharmacie Pommiès, 118, rue du Fau- bourg-Saint-Honoré, et dans les principales pharmacies de France et de l'étranger.

Capsules Dartois

de Koïie de Morue Defresne

émuisionnée par Ia paneréatine,.

CI. Bernard a démontré que le swc pan- créatique avait pour mission de digérer les corps gras. M Defresne a eu l’idée d'employer le suc pancréatique à l'émulsion de l'Huile de Foie de Morue, pour la rendre assimilable. Ainsi préparée, cette huile perd sa forme liquide et prend celle d’une Crème blanche, danS laquelle la saveur particulière de l'huile de foie de morue est entièrement dissimulée. Elle se prend pure ou se délaye dans le lait, le chocolat, le café, le bouillon, suivant le goût du malade. Elle ne cause ni renvoi, ni diar— rhée, ni selles graisseuses ; elle est, au con- traire, absorbée par Pestomac le plus délicat ; c'est le problème, enfin résolu, de faire pren- dre ce médicament sans répugnance.

Dose : 1 à 8 cuillerées à café par jour, avant les repas. Dépôt : pharmacie DEFRESNE, 2, rue des Lombards.

Vin et Sirop de Dusart au lacto- phosphate de chaux.

Les recherches de M. DUSART, sur le Phos- phate de chaux, ont montré que ce sel, loin d'être inactif comme on le supposait, est, au contraire, doué de propriétés physiologiques et thérapeutiques très remarquables. Physio- logiquement, 1l se combine aux matières azo- tées des aliments et les fixe en les transfor- mant en tissu; de là, développement de l'ap- pétit et augmentation du poids du corps. Thé- rapeutiquement, ces propriétés en font un reconstituant de premier ordre. Le Sop pour la médication des enfants, le Vin chez l'adulte, dans les affections de l'estomac et comme ana- leptique, sont généralement admis. INDICA- TIONS : Croissance, rachitime, dentition, affec- tion des os, plaies et fractures, débilité géné- rale, phthisie, dyspepsie, convalescences. Dose : 2 à 6 cuillerées par jour. Pharmacie, 113, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

A LA CRÉOSOTE DE HÊTRE

Créosote pure... Sie

Formule À Fite de Joie de morue Blanche! :: 122.

Ces Capsules, qui ont la grosseur d'une pilule ordinaire, sont prises facilement

et bien supportées par tous les malades. Leur formule est reconnue la meilleur

ks Médecins qui les ont ordonnées.— Doses : de 4 à 6 pur jowr.— Faire boire, Gatement après, un demi-verre de lait cru, eau rougie ou tisane.

Le Flacon : 3 îfr, 97, RUE DE RENNES, PARIS, et les Pharmacie

O2 À Par Capsule.

ire par immé-

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BANQUE FONCIÈRE:

Société Anonyme Capital : 1,000,000 Siège social: à Paris, 51 bis, rue Sainte-Anne. BULLETIN. FINANCIER

Les mouvements de cours de nos fonds publies mont eu cette semaine ni erande étendue, ni grande importance. Le 50/0 æoscilléentre 119.05 et 119.35, sans que son mar- . ché ait jamais eu une physionomie fort animée.

Toute l'attention s’est portée en réalité sur quelques va- leurs qui ont eu des mouvements considérables, comme le- Phénix espagnél, le Turc, la Banque ottomane, etc., etc., : et principalement sur la grande opération de Panama, qui occupe, et nous pouvons presque dire qui passionnele monde financier. ? ;

Pour l'instant, nous voulons seulement constater que la

; Rente française 5 0/0, délaissée par la spéculation, est àun

prix réellement trop bas, si on le compare à celui de La plupart des valeurs de la cote; nous persistons donc à croire que l'acheteur au comptant aura raison en conti- nuant à employer ses épargnes en Rentes françaises 50/0, qui ne lui laissent aucun aléa et lui permettent de compter sur une plus-value qui nous paraît d'autant plus prochaine | que les difficultés de la politique étrangère ont disparu et que les difficultés monétaires tendent à s’aplantr. 1e Les valeurs étrangères sont faibles et nous conseillons | plus que jamais l’abstention, car il n’y a plus sécurité, ni pour le capital, ni pour le revenu. 3 7 US Le crédit des gouvernements tombe par l'exagération, et nous le voyons si bien décroître chez les Etats emprun- | teurs, que les émissions d'emprunts d'Etat, aujourdhui déjà bien difficiles, deviendront bientôt complètement im- possibles. ; | }. 57 SR L'Europe, depuis dix ans, ne l’oublions pas, a em- . prunté 40 millards. Elle doit aujourd’hui 105 millards et nous touchons au moment la main des plus habiles mi. nistres ne pourraplus mettre ure pierre sur cette tour de Babel. ; d'a ET N'yat-il pas dès lors sagesse et prudence à chercher » d'autres Rentes età laisser tomber celles que: rien ne peut, préserver d'une chute prochaine ? APRES Ceux de nos lecteurs qui ont actuellement des capitaux disponibles feront bien d’en réserver une partie pour ache= ter des actions de la Société Foncière de Montrouge, que nous serons bientôt en mesure de mettre à leur dis- position. C'est un bon et sûr placement qui leur permettra» de réaliser une plus-value prochaine ; les terrains appar= tenant à la Societé sont très bien situés et plusieurs de. mandes d'achats lui sont déjà parvenues. La dernière. . vente a été consentie au prix de 8 fr. 50 le mètre, d’autres ventes vont avoir lieu prochainement aux mêmes conditions ; il ne faut pas oublier que le prix d'achat par « la Société a été de 3 fr. le mètre, c'est donc un bénéfice TA assuré de 200 0/0. (Banque Foncière)

ACHATS ET VENTES ETS DE RENTES, ACTIONS ET D'OBLIGATIONS

La BANQUE FONCIÈRE tient à faire remarquer qu'elle porte un soin tout particulier à toutes les opérations dont sa clientèle veut bien la charger. É

Tout achat ou vente de valeurs est exécuté le jour même à la Bourse de Paris et au cours moyen. Les clients ont

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L.

donc le plus grand intérêt à Jui adresser directement à leurs ordres et à se passer d’intermédiaires ; de cette ma- nière, leurs ordres sont exécutés promptement, sans frais ni commission autre que le courtage officiel, qui est de 1,25 par mille francs. es de. Il est répondu le soir même aux ordres venus par le courrier du matin. , Pi k Tirages. Vérification gratuite de tous les numéros. Renseignements gratuits sur foules valeurs et So- ÿ ciétés. -E Prêts hypothécaires à 4 et 5 p. 100 sur tous im- + meubles situés en France. Prompte solution. M

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leurs dépenses. La brochure explicative est envoyée frane

sur demande. k a La Société demande des représentants dans tousles chefs-lieux d'arrondissement et de cantons,

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ME remises. ÿ | crire au directeur des Bons Commerciaux,

51 bis, rue Sainte-Anne, Paris. Éuyl iié * PPT AS

4

No RE . 9 décembre 1880,

# : La séance de l’Académie.

Les. gros Dontets de la salle des Pas-Perdus se sont réunis au- jourd'hui et ont décidé à l'unanimité de voter des remerciements

_tendait plus bavarder, et les bruits fastidieux de la salle des séances venaient troubler de la plus malencontreuse façon les conversations les plus intéressantes, Un pareil état de choses ne pouvait durer. C’est ce que M. Béclard a bien compris, ent fai- saat établir des tambours qui, en raison de leur ampleur, pour-

raient être appelés des tambours-majors. Dorénavant les échos de la salle des Pas-Perdus ne seront plus troublés par les bruits de la séance.

Le comité secret tenu aujourd’hui n’est pas aussi secret qu’il en a l'air. Il s'agissait, vous le savez sans doute, d'entendre la lecture du rapport de M. L. Colin sur les candidats à la place vacante dans la section d'hygiène et de médecine légale. Personne n'ignore que la partie se jouera entre M. le professeur Brouar- del et M. le Dr Gallard.

Je premier n’a que des sympathies dans l’Académie. On parlait bien par-ci, par-là, de quelques adversaires, mais le diable et M. Brouardel sont si malins qu'actuellement il est l'enfant chéri de la maison. Donc le professeur de médecine légale a été pré- senté en première ligne. Pour notre part, nous serons très heu- reux de voir M. Brouardel s'asseoir sur les bancs de l’Académie ; il a tout ce qu’il faut pour cela, et de plus beaucoup d'esprit. Mais, qu'on nous expulse si nous comprenons jamais pourquoi M. Gallard a été mis en cinquième ligne par la commission! Au- tant le mettre à la porte, ce serait plus carré! M. Gallard n’est ni notre maître, ni notre ami, aussi en parlerons-nous fort à notre aise. Si la commission n’en veut pas, qu'elle l’élimine ; mais on ne fera croire à personne que M. Gallard n'ait pas plus de titres en hygiène et en médecine légale que M. Besnier, placé en se-

* conde ligne!

De plus, M. Gallard a des chevrons, il a déjà été porté en pre- mière ligne. Pourquoi donc la commission se déjuge-t-elle?

Je plains sincèrement ceux qui sont piqués de la tarentule académique. Quel fichu métier ! Que de couleuvres à avaler!

Ce n’est pas comme dans le Homard!

CLINIQUE MÉDICALE Des réflexes tendineux, par le D' Constant PerTiTcLERc.

L'étude des réflexes tendineux a, depuis quelques années, pris une importance considérable. Ces phénomènes, en effet, sont d’un grand intérêt au point de vue de la séméiotique des affections spinales ; aussi était-il fort utile de rechercher comment ces réflexes tendineux se comportaient dans les différentes affections médullaires, et aussi dans quelques maladies aiguës. Tel est le côté original du travail de M. Petitclerc (1). Deux points nous arrêterons surtout : l'historique de la question et la valeur sé- méiologique des réflexes tendineux.

C’est, on le sait, à MM. Charcot et Vulpian que revient l’hon-

_ neur d’avoir découvert la frépidation épileptoïde, et en particulier

_ceque lesauteurs allemands appellent le phénomène du pied. C’est un signe qui appartient à la clinique française ; il a été étudié avec soin et depuis longtemps mis à profit dans les services de la Salpêtrière.

Dès 1862 ces professeurs l'avaient notédans l'observation d’une femme atteinte de sclérose en plaques, dans les termes suivants : « Lorsqu'un des pieds est fléchi et tenu dans la flexion par une :

_ (1) Thèse de Paris, 1880. A8 ANNEE, SÉRIE, TOME I]. “ui

JOURNAL DES CONNAISSANCES

à M. le Secrétaire perpétuel. Depuis un certain temps on ne s’en-

1

MEDICALES 393

ame

j main D 0e dauudaidarteus, il s’y produit aussitôt un tremblement difficile à réprimer et impossible même à arrêter par moments, lorsque cette épreuve est faite sur le pied droit. » Ce fait est consigné dans la thèse de Ordenstein (1867, p. 58).

C’est également à la Salpêtrière qne fut étudié pour la première fois le phénomène connu sous le nom de phénomène de lamain, qu'un élève de M. Charcot, M. Bouchard, décrit de la facon sui- vante : « Quelquefois en soulevant par 18 bout des doigts le bras contracturé d’un hémiplégique, on voit le membre toutentier agité par un tremblement rapide, semblable à celui qu'on détermine par le même procédé dans les membres inférieurs des malades atteints de compression de la moelle. » {Des dégénérescences se- condaires de la moelle épinière,lin Arch. gén de méd., 1866, t. II, p. 290), Nous retrouvons ensuite le phénomène du ed Seat en 1868 dans la thèse de M. Paul Dubois, faite sous les auspices de M.Charcot; en 1869,dansles Archives de physiologie par MM.Char- cot et Joffroy à propos de deux casd’atrophie musculaire progres- sive ; en 1871, dans la thèse de M. Michaud, dans celle de M. Hal- lopeau. Enfin, M. Straus en fait mention dans sa thèse d’agréga- tion soutenue en 1875. Tels sont les principaux travaux dans les quels nous trouvons signalés ces phénomènes.

C’est à cette époque que parurenten Allemagne le mémoire de M. le professeur Erb, de Heidelberg : « Des réflexes tendineux Hs les individus sains et dans les maladies de la moelle » (Arch. | £ Psychiatrie, t. V, p. 792,1875),et celui de M.le professeur West- phal, de Berlin, intitulé : « De quelques troubles du mouvement dans les membres paralysés » (ibidem, p. 803). Dans ces écrits, les auteurs traitaient de symptômes nouveaux destinés à jouer un grand rôle dans les affections spéciales et consistant à provoquer des contractions dans certains muscles au moyen de l'excitation du tendon. ils insistaient sur la contraction du triceps fémoral, provoqué par un coup porté sur le tendon rotulien, c’est ce que Erb appelait : réflexe patellaire, réflexe tendineux rotulien, et West- phal : phénomène du genoux, dénomination qui avait au moins l’avantage de ne rien préjuger sur la nature du phénomène. Ils insistaient également sur les contractions rhythmiques obtenues dans certains cas de maladie de la moelle, en fléchissant forte- ment le pied sur la jambe, ce qu'ils appelaient, l’un, le clonus réflexe du pied ; l’autre, le phénomène du pied. Bien que le mé- moire de Westphal eût paru le dernier, il réclame la prio- rité de la découverte du phénomène du genou et, dans la commu- nication qu'il fit à la Société médico-psychologique de Berlin (séance du 3 mai 1875), il prétendit lavoir observé sur un ma- lade de la Charité de Berlin en 1871.

Presque aussitôt M. Joffroy (Soc. biologie, 1875) revendique pour la clinique française la découverte du phénomène du pied, connu depuis longtemps chez nous sous le nom de trépidation provoquée, d’épilepsie spinale provoquée. En effet, sous le nom de phéno- mène du pied, MM. Erb et Westphal n'avaient pas décrit autre chose er les observations des auteurs français leur étaient con- nues, puisqu'il est dit dans leur mémoire, qu'ils ne sont pas cer- tains que les faits qu'ils ont observés soient semblables à ceux décrits par M.Charcot. Nous savons que le phénomène de la main appartient également à la clinique française.

Quant au phénomène du genou et autres réflexes tendineux, ils appartiennent à la clinique allemande et bien qu'ayant été obser- vés çà et là, nous devons reconnaitre qu’ils n'avaient pas été bien étudiés avant MM. Erb et Westphal. A part les travaux de M. le professeur Charcot et ceux de son élève M. Brissaud (1) le plus grand nombre des écrits sur cette matière ont paru à l'étranger. Nous voyons en effet, dès1875, MM. Schultze et Furbringer (d’'Hei delberg) étudier le phénomène du genou au point de vue physio-

(1j Gaz. médic. 1819. Progrès médical, 1880.

394

:

00 st à

logique (Centralblatt, 1875, p. 929). En 1877, M. Burckhardt publie à Berneun mémoire contenant les résultats d'expériences fort in- téressantes, notamment sur la mensuration du temps nécessaire à la productions du réflexe rotulien. Un physiologiste russe, M. Tschirjew, modifia et complèta ces expériences ; il fit paraî- tre deux mémoires, l’un en Allemagne en 1878, l’autre en France l'année suivante. Les études relatées dans ce dernier avaient été faites au Collège de France dans le laboratoire de M. Ran- vier. (Arch. de physiologie, 1879, p. 294.)

Citons encore en Allemagne les noms de M. 0. Berger (de Bres- lan), de Lewinski, de Weiss, d'Eulenburg qui étudia les réflexes tendineux chez les enfants ; en Angleterre, ceux de Grainger Ste- wart, Buzzard, Gowers, Byron, Bramwell, qui ont étudié ces phénomènes au point de vue clinique. En 1879, MM. Charcot et Brissaud (1), au moyen de la méthode graphique appliquée à l'étude de ces phénomènes, arrivèrent à des résultats fort intéressants, surtout chez les hémiplégiques. Ces dernières expériences sont certainement, avec celles de M. Tschirjew, les plus exactes et les plus conciuantes qui aient été faites à ce sujet. Signalons enfin une étude assez courte, faite en Hollande par M.Ter Meulen. (Amsterdam, 1879). j

Les réflexes tendineux, à l’état normal, ne s’observent guère qu’au niveau du genou ; à l’état pathologique, au contraire, on peut les provoquer sur une foule d’autres muscles, au niveau du tendon d'Achille, du triceps brachial, etc. Quand au phénomène du genou, il s’observe à l'état normal à des degrés variables sui- vant les sujets, mais il s’exagère d’une façon notable à l’état pa- thologique, il suffit alors du plus petit choc pour produire un réflexe énergique. On le provoque en frappant sur le tendon rotu- lien d’un sujet assis, les jambes croisées de façon que celle qui est placée sur l’autre soit abandonnée à elle-même ballante. Sous l'influence du choc, la jambe s'élève et s’abaisse sous forme d’oscillations.

On l’obtient également le sujet étant couché. On soulève le membre inférieur, on ie soutient dans un léger degré de flexion avec la main placée sous le jarret, de telle façon que tous les muscles de la jambe soient dans le relâchement, et on frappe sur le tendon rotulien; on observe également le soulèvement et l’abaissement de la jambe. Un procédé analcgue permettra de rechercher les réflexes sur les autres muscles.

La trépidation spinale que l’on obtient en fléchissant brusque- ment le pied surlajambe ou en étendant fortement la main sur le poignet est également due à l’exagération des réflexes tendineux.

Un certain nombre d'auteurs ont étudié les réflexes tendineux au point de vue physiologique. MM. ErbetWestphal(Arch.f.Psych., 1875) reconnaissent tout d’abord que l'excitation part du tendon et non des parties adjacentes. C’est alors que MM. Schultze et Farbringer (d'Heidelberg) (Centralblatt, 1875, p. 929) firent de nombreuses expériences qui les ont conduit aux conclusions suivantes : ces phénomènes ne sont pas le résultat d'une irri- tation mécanique et directe des muscles au moyen de leur ten- don; ils résultent d’une action réflexe dont le centre se trouve situé pour les membres abdominaux dans la partie inférieure de la moelle ; 30 il ne peut pas être question du réflexe cutané,

MM. Burckhardt, Tsehirjew (Arch. physiol., 4879, p. 294) ont

cherché à déterminer au moyen d'un appareil enregistreur le temps nécessaire à la production du réflexe rotulien, c’est-à-dire le temps qui s'écoule à partir de l’irritation tendinense jusqu’au moment de la contraction du muscle. Plus récemment M. Bris- saud dans le service de M. Charcot et M. Ter Meulen ont repris l'étude de ces phénomènes.

mn, (1) Voir Brissaud, Thèse de Paris 1880, et Journal des connaissances médicales, 38, septembre 1880.

De toutes ces recherches, il paraît résulter que le phénomène

du genou est un phénomène d’ordre réflexe, dont le centre se

trouve situé dans les parties inférieures de la moelle, à l'origine du nerf crural, et que l’excitation se fait au niveau des “nerfs aponévrotiques intermédiaires au tendon Annee et au musclé triceps.

Les mensurations du temps réflexe et les tracés de la con” traction du triceps témoignent également au faveur de l'acte réflexe, car, d'après ce que l’on connaît de la vitesse du courant nerveux, le réflexe a largement le temps de se produire dans l'es- paces de 50 millièmes de seconde. Ce temps est beaucoup plus long que celui nécessaire à l'excitation directe et la contraction

JOURNAL DES CONNAISSANCES MEDICALES. l'as pet SAS

n’est pas en rapport avec une irritation locale aussi peu énergi-

que que celle qui agit d'habitude.

>

On ne s’explique peut-être pas pourquoi, en percutant est

un certain temps, le temps réflexe peut être diminué de 5 à 6. millièmes de seconde chez un sujet sain, ainsi que l’a indiqué M. Brissaud; c’est que, dans ces cas, il y a une action modifica-

trice exercée sur la moelle, action qui se traduit sous forme d'une commotion légère. Dans les cas pathologiques, l’on voit le .

réflexe tomber à 28 millièmes de Seconde, peut-être au-dessous, bien qu'il y ait une contraction excessivement énergique, il faut.

admettre que l’exagération du pouvoir excito-moteur de la moelle

amène non seulement une exagération du réflexe tendineux, mais aussi une augmentation de la vitesse du courant nerveux.

Etudions maintenant comment se comportent ces réflexes au \

point de vue pathologique. On: sait qu’en sectionnant les cordons

postérieurs de la moelle, on abolit le réflexe du genou, par con="

séquent on ne sera pas étonné de le trouver absent dans Pataxie

locomotrice; mais l'arc réflexe est également interrompu en.

totalité ou en partie dans les affections liées aux altérations de

la substance grise antérieure, si ces altérations s'étendent jus- que dans la région lombaire. On trouve une exagération des ré- flexes tendiseux ordinairement dans les cas il existe de la.

contracture, c’est-à-dire dans les dégénérescences systémati=.

ques primitives ou secondaires des cordons antéro-latéraux. Ce=

pendant, d’après M. Charcot, l’exagération des réflexes tendineux

et la contracture ne surviennent que parce qu’il y a dans ces cas

une irritation des cellules motrices des cornes grises antérieures, et dans l’hystérie cette irritation a lieu la plupart du temps sans qu'il y ait de dégénérescence des cordons latéraux.

Dans les myélites non systématiques, on comprend que les

réflexes tendineux se comporteront de différentes. façon suivant

le siège de la lésion, mais raison anatomique de leur aboli- tion est peut-être plus difficile à expliquer dans certaines mala- dies aiguës et dans la paralysie diphthéritique. =

Dans l’utaxie locomotrice progressive le phénomène du genou manque souvent, cependant il peut exister au début, si les par ties de la moelle correspondant à l’origine du nerf crural sont. intactes. Aussi n'est-il pas tout à fait permis de porter le dia-. gnostic de tabes dorsalis par suite de la seule absence du phé- nomène du genou; mais s’il y a déjà quelques douleurs. lanci- nantes on pourra porter presque sûrement le diagnostic.

Dans les cas de polyomyuélites antérieures aiguës ou chroniques.

(paralysie infantile, atrophie musculaire progressive spinale et,

autres affections caractérisées par la lésion des cornes antérieures. de la substance grise de la moelle), plus tard de labolition des réflexes tendineux. Il faut.toutefois: que la région lombaire de la moelle ait été envahie.

Dans la dégénérescence secondaire des cordons antéro-laté- raux de la moelle, la dégénérescence s’annonce par l'exaltation des réflexes tendineux et plus tard par la contracture. Il est très important de connaître ce fait au point de vue du pronostic, car

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on a noté l’atténuation suivie

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die indique d’une façon presque certaine que le membre para- be me recouvrera pas l'intégrité de:ses mouvements.

_ L'exaltation des réflexes tendineux a ëêté notée dans la pachy- | méningite cervicale hypertrophique. Quand la paralysie générale détermine une dégénérescence médullaire, ‘on peut rencontrer | Aexagération des réflexes tendineux. Si l’on constatait la sup-

pression ou l’affaiblissement des réflexes tendineux chez des hé-

_ miplégiques dont la contracture elle-même disparaît ou a dis- |

“paru, cela tiendrait à une dégénérescence des muscles paralysés

ét à l'extension de la lésion aux cornes antérieures.

Dans le tabes spasmodique (Charcot) il y a également exagéra- tion des réflexes tendineux.

5 | Dans la sclérose latérale amyotrophique le malade éprouve un affaiblissement dans les bras, et presque en même temps l'atro- phie frappe le membre satleint de parésie, de même que l’on

_ _-constate l'exaltation des réflexes tendineux, et bientôt la rigidité

et la contracture.

Dans la sclérose en plaques disséminées l'existence de la trépi- | es spinale et par suite des réflexes tendineux a été signalée depuis longtemps. Cependant il faut dire que l’exaltation des réflexes tendineux et Ja contracture spasmodique n’existeront pas ‘dans la région des nerfs, dont les racines postérieures auraient été atteintes par une plaque de sclérose. Dans toute la classe * des myélites diffuses aiguës ou chroniques, les réflexes tendi- _meux se comporteront différemment, suivant que les cordon la- iéraux seuls seront atteints, ou que les cordons postérieurs le seront dans la région lombaire, en un mot une lésion des cor- _dons latéraux produira, comme partout ailleurs, l’exaltation des

5 réflexes tendineux, et une lésion de la moelle lombaire, intéres-

.sant l'arc de ces réflexes, produira leur abolition.

Dans l’hystérie, l'exaltation des réflexes tendineux est la règle dans les paralysies hystériques et même qans les parésies, mais ce qu'il y a de particulier, c’est que dans les cas d’hystérie avec hémianesthésie et hémiparésie, les réflexes tendineux du côté correspondant à l’hémianesthésie se montrent très prononcés, tandis que les excitations cutanées même des plus violentes ne provoquent pas le moindre mouvement réflexe.

D'après O. Berger, dans la cherée, dans l'éclampsie les réflexes tendineux seraient exagérés ; par contre, le professeur Eulenburg a constaté l'absence du phénomène du genou chez un enfant devenu épileptique à la suite d’une chute sur la tête. Dans la paralysie agilante 11 n’y aurait pas, d'après M. Petitclerc, d’exagé- ration des réflexes tendineux. Dans les maladies aiguës l’état ües réflexes n’est pas encore bien connu, c'est un point à étudier,

Dans son travail, M. Petitclere publie un cas de paralysie «diphthéritique avec bol tion des réflexes tendineux.

Tous ces résultats sont fournis par l’examen d’un nombre de faits encore restreint, et il y aurait évidemment lieu de faire, pour -Jes icontrôler, de nouvelles recherches sur ce sujet. Dr C. L.

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CLINIQUE EXTERNE

\ LEÇONS CLINIQUES

Faites à l'hôpital de la Pihé, service de M. le professeur VERNEUIL, par le D' TERRILLON, chirurgien des hôpitaux, agrégé de la Faculté (recueillies et rédigées par Charles Leroux, et René Cou.

Des fistules urinaires.

(Suite).

. Le mécanisme qui préside à la formation de ces fistules mul- tiples est, vous le comprenez, Messieurs, fort simple. Lorsqu'un premier trajet s’est formé, l’orifice cutané a une certaine ten- dance à se rétrécir; l'urine, ne trouvant plus alors un écoulement facile et poussée d’autre part avec force par l'effort que nécessite

JOURNAL DES CONNAISSANCES MEDICALES

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pour la miction l'obstacle qui existe primitivement du côté du canal (rétrécissement, hypertrophie prostatique), s’infiltre en divers sens au milieu des tissus. Des abcès multiples se forment alorsets’ouvrent bientôt au dehors, en formant autant de trajets fistuleux secondaires qu’il s’était développé d’abcès.

Quelquefois, dans ces trajets fistuleux on constate, avec le stylet, la présence de dépôts fcalcaires, plus ou moins profondément incrustés dans les bourgeons charnus qui tapis- sent les parois de ces fistules ; d’autres fois ce sont de véritables calculs qui progressent jusqu'aux orifices cutanés et qu'il est facile d'extraire. Le mode de formation de ces calculs est ici analogue à celui qui vous est décrit pour les calculs vésicaux. C’est à l’alcalinité de l'urine d’une part et de l’autre au catarrhe plus ou moins intense qui existe du côté de la vessie qu'il faut attribuer leur production. Notons enfin que, lorsque le scrotum est criblé de fistules, on peut voir se développer des gangrènes , d’étendue variable.

Je ne crois pas, Messieurs, qu'il soit nécessaire d’insister sur la symptomatologie de ces fistules urinaires, je ne veux simple- ment attirer votre attention que sur un point spécial, sur lama nière de les explorer. Lorsque, par exemple, elles sont peu perméables, il est un moyen qui permet de découvrir facile- ment les divers orifices cutanés. Il consiste simplement à engager le malade à uriner debout, en lui recommandant de faire quelque effort pour engager l'urine dans les divers trajets; Il est bien rare alors qu'on n’en puisse voir pas sortir quelques gouttes par les fistules. Le malade, du reste, vous racontera de plus que, chaque fois qu’il urine, le périnée est mouillé par ce liquide. Un autre moyen consiste à injecter soit par le canal de l’urèthre, ou mieux par un des trajets fistuleux, un liquide coloré, du lait par exemple. On voit bientôt ce dernier sortir par les divers orifices perméables. Ces différents modes d'exploration nesuffsent évidem- ment pas, et le meilleur estle suivant, au moins quand l’urèthre est perméable. Il consiste à introduire par la verge un con- ducteur métallique et par un des trajet fistuleux un stylet fin; après de nombreux tâtonnements, on arrive quelquefois à he rencontrer le bout du stylet avec le cathéter, un bruit mé- tallique avertit du choc des deux instruments. Malheureusement, ce mode d'exploration n’est pas toujours applicable, car les tra- jets fistuleux sont le plus souvent anfractueux, dirigés en divers sens, disposition qui en rend l'exploration fort difficile,

Dans ces cas, Messieurs, le diagnostic local est quelquefois fort Retrait à HA on peut effectivement confondre les fistules périnéo-scrotales avec d’autres fistuies d’origine bien différentes ; Les unes succèdant à l'inflammation des glandes de Méry, les PS se développant à la suite d'une nécrose ou d’une carie des os du bassin, des ischions par exemple. Il suffit tou- tefois d’être averti pour ne pas tomber dans cette erreur. De plus, nous avons vu, Messieurs, que ces fistules se dévelop- paient ordinairement à la suite nn rétrécissement de l’urèthre.

L'exploration de ce conduit est donc la première chose à faire, lorsque vous examinez un malade atteint de fistules périnéo= scrotales multiples.

Quant à l’étiologie, je n’ai que fort peu de détails à vous don- ner, C’est, comme. nous l'avons vu, le plus ordinairement dans les cas de rétrécissements de ht que se développent les fistules périnéo-scrotales. Quelquefois cependant c’est à la suite d'une taille prérectale, incomplètement cicatrisée, qu’on voit persister un trajet fistuleux, presque toujours unique dans ces conditions, et facilement reconnaissable en raison de son siège et de sa disposition spéciale.

Quelquefois, enfin, des calculs vésicaux s'engagent dans la partie profonde du canal de lurèthre, ulcèrent la muqueuse, et deviennent ainsi l’origine d’abcès qui, fusant vers le périnée, sont

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le point de départ de fistules multiples; c'est toutefois une étiologie rare des fistules périnéo-scrotales. Sans insister davan- tage sur ce sujet, passons, si vous le voulez bien, à l’étude du

traitement de cette variété de fistules urinaires qui fait l’objet de

cette leçon. Le traitement doit atteindre unidouble but, le rétablissement du cours normal de l'urine etla cicatrisation des trajets fistulêux. J1 faut, tout d’abord, tenter la dilatation progressive du canal

de l’urèthre. Si progressivement, vous pouvez atteindre ainsi le | il

18 de la filière Charrière, vous verrez, cas, l'urine reprend son cours normal et les fistules se cicatriser. Si ce moyen est impossible à appliquer, il faudra s'adresser à l'uréthrotomie interne et entretenir ensuite le résultat obtenu par un cathétérisme répété, et cela pendant fort longtemps, si vous ne voulez point perdre tout le bénéfice que vous a procuré l'opération. Si ce moyen n’est pas praticable, reste l'uréthro- tomie externe dont je vous entretiendrai plus loin.

11 ne s’agit point seulement, Messieurs, d'attaquer le mal du côté de l’urèthre, mais il faut aussi aider à la cicatrisation des trajets fistuleux. Plusieurs cas peuvent se présenter. Tantôt, en effet, les fistules sont, relativement, de date récente, et peu nom- breuses ; ici la guérison est moins difficile à obtenir. Par le fait de la dilatation lente et progressive du canal de l’urèthre, l'urine, passant largement par le canal, n’a plus de tendance à s'engager dans les trajets fistuleux; l’irritation, qu’entretenait le passage répété de l'urine, diminue, les fistules se tarissent et bientôt se cicatrisent.

Malneureusement, il s’agit le plus souvent de fistules ancien- nes dont les parois sont garnies de bourgeons charnus épais et violacés, une induration plus ou moins considérable s’est déve- loppée autour des trajets, et alors, malgré la dilatation du canal, malgré le rétablissement du cours normal de l'urine, ces fistules n’ont aucune tendance à se cicatriser ; elle laissent suinter con- tinuellement un liquide séro-purulent, produit par les fongosités de leurs parois. Dans ces cas, la guérison par la simple dilata- tion de l’urèthre est impossible àobtenir. Il faut donc intervenir plus énergiquement.

M. Je professeur Guyon conseille souvent aux malades, mais surtout comme un moyen adjuvant, de faire chaque fois qu'il urinent une compression assez notable sur le périnée et sur les bourses, de façon à fermer provisoirement, pendant la miction les fistules multiples, et à s'opposer ainsi au passage de l’urine par cette voie anormale.

Mais ce moyen, Messieurs, est souvent insuffisant et une pra- tique plus énergique doit ètre mise en usage, je veux parler des injections irritantes dans les trajets fistuleux. Divers agents, al- cools, teinture d'iode, etc., peuvent